IL FAUT SE MÉFIER!

« Est-ce que ton serviteur est un chien pour qu'il fasse cette grande chose ? »

2 Rois 8:13

C'est un dicton commun que nous ne pouvons jamais dire à quoi nous pouvons venir. Celui qui est maintenant le plus grand criminel était autrefois un enfant innocent, et le plus grand saint pourrait un jour devenir le pire des pécheurs. Il n'y a aucune raison de supposer qu'Hazaël a parlé de façon peu sincère quand, sur la prédiction d'Elisée des cruautés qu'il infligerait un jour aux enfants d'Israël, il s'est exclamé avec horreur : « Mais quoi ! ton serviteur est-il un chien, pour qu'il fasse cette grande chose ? Autant dire : « Pour quoi me prenez-vous ; est-ce que moi qui suis doux et bon et qui déteste la cruauté, descendrai-je jamais si bas ? Non! ton serviteur n'est pas un chien.

Et pourtant il commettait ces cruautés lorsque l'acquisition du royaume de Syrie avait développé des germes de méchanceté qu'avant que la tentation ne les révélât, il ne savait pas qu'il possédait. La leçon que nous devons tirer de cette histoire est qu'il est très facile de tomber - qu'en effet, il est impossible de ne pas tomber si nous vivons loin de la Fontaine de toute bonté, la Source de toute force.

Que chacun considère le caractère de la première et de la dernière tentation dans une série de tentations. La première fois que la tentation nous vient de commettre un acte agréable mais pécheur, il y a un frisson et une horreur et un sentiment d'impossibilité. « Je ne peux pas, je ne peux pas le faire », disons-nous. « Est-ce que ton serviteur est un chien pour qu'il fasse cette grande chose ? » La prochaine fois que la pensée tentante nous vient à l'esprit, elle est traitée avec plus de civilité, c'est un invité plus bienvenu.

Nous commençons maintenant à le raisonner, au lieu de nous l'ôter, ce qui eût été le plus sage. Ensuite, nous nous demandons, est-ce vraiment si grave après tout ? Comment cela peut-il être un si grand péché alors que chaque jour des milliers que le monde appelle respectables le commettent ? Enfin, la mauvaise pensée passe dans l'acte mauvais.

I. C'est chaque jour illustré par le menteur. — On sait quelle horreur l'enfant qui a été dressé à aimer la vérité éprouve quand d'abord la tentation surgit dans son esprit de se mettre à l'abri du châtiment en mentant. « Comment puis-je commettre cette grande méchanceté et ce péché contre Dieu ? » S'il cède à la tentation, il est honteux et plein de remords parce que l'éclat de son âme véridique a été terni par un premier mensonge.

Et puis, quand des années de mensonge ont passé au-dessus de sa tête, il commence à considérer un homme véridique presque comme un imbécile, croyant comme lui que la tromperie et le mensonge sont les moyens ordinaires inévitables d'atteindre nos fins dans le monde. Il arrive enfin à la dernière étape du menteur, qui est de croire ses propres mensonges.

II. Ou prenez une illustration de la descente facile dans l'enfer de l'ivresse. — Certains des plus doués de notre race ont été des ivrognes, et il y a actuellement environ 600 000 ivrognes confirmés en Grande-Bretagne. Pensez-vous qu'ils sont devenus des ivrognes au moment où ils ont goûté à l'alcool ? Non, à l'époque, beaucoup d'entre eux considéraient l'ivresse avec la même horreur que Hazaël éprouvait pour la cruauté.

« Est-ce que ton serviteur est un chien pour qu'il fasse cette grande chose ? » La première fois qu'ils ont goûté une liqueur enivrante, étant enfants, ils l'ont probablement beaucoup détestée ; mais les garçons pensaient que boire était une chose virile, et quand ils cessèrent d'être des garçons, ils n'aimèrent pas résister à l'apparente bonne camaraderie des verres amicaux. Ou quelque chagrin les poussait à noyer leurs sens dans la coupe d'oubli de l'ivrogne.

Il n'y a qu'une seule façon pour un homme de devenir un ivrogne, et c'est en devenant passionné d'alcool, d'abord en buvant modérément - de jour en jour un peu augmenté, d'année en année un peu multiplié par le solitaire devenant le fréquent, et le fréquent l'habituel, et l'habituel la transgression presque inévitable.

'Nous ne sommes pas pires à la fois : le cours du mal

Commence si lentement et d'une source si légère,

La main d'un enfant pourrait colmater la brèche avec de l'argile :

Mais que le ruisseau s'élargit, et la philosophie,

Oui, et la religion aussi, peut lutter en vain

Pour endiguer le courant tête baissée.

Mais en effet, tous les péchés s'approchent de la même manière graduelle.

Rév. EJ Hardy.

Illustrations

(1) « Comme nous arrivent facilement les habitudes complaisantes envers nous-mêmes, et à quel point elles conduisent sûrement à de grands crimes. George Eliot donne dans Romola l'image d'un homme - bon, généreux, beau, avec tous les appareils et les moyens de faire le bien - qui "parce qu'il essayait de se dérober à tout ce qui était désagréable, et ne se souciait de rien tant que du sien". sécurité, est enfin venu commettre quelques-uns des actes les plus ignobles tels que rendre les hommes infâmes. C'est tellement vrai que

Petites habitudes bien suivies de temps en temps

Peut atteindre la dignité des crimes.

(2) 'Le saint homme qui s'est exclamé en voyant un criminel conduit à l'exécution : « Me voilà, mais pour la grâce de Dieu », n'exagérait pas, mais parlait seulement d'observation et d'expérience.'

(3) 'Comme notre Seigneur a pleuré sur le sort de Jérusalem, ainsi le prophète a pleuré en prévoyant les maux que Hazaël infligerait à son peuple. Mais combien nous nous connaissons peu nous-mêmes. Hazaël ne pouvait pas supporter l'œil inébranlable du prophète, et demanda avec stupéfaction ce qu'il prenait pour lui, qu'il pouvait pronostiquer un tel avenir. Nous pouvons bien nous approprier les paroles de l'Apôtre : « Seigneur, est-ce moi ? car il n'y a pas de limite aux longueurs du péché auxquelles nous pouvons être conduits, en dehors de la grâce de Dieu.

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